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Conflits entre associés — que faire ?

📅 Publié le 18 février 2026 • ⏱️ Temps de lecture : 7 min

Les conflits entre associés sont l’une des situations les plus déstabilisantes pour une entreprise. Mésentente grave, abus de majorité, blocage des décisions, exclusion d’un associé… Ces situations peuvent paralyser la société et menacer sa survie si elles ne sont pas traitées rapidement.

  • Quelles sont les causes les plus fréquentes de conflit ?
  • Abus de majorité, abus de minorité, blocage : quelle qualification juridique ?
  • Négociation, médiation, actions judiciaires : quelle voie choisir ?
  • Comment prévenir les conflits dès la création ?
Deux associés d'entreprise en situation en conflit

Les causes les plus fréquentes de mésentente entre associés

Les conflits entre associés naissent rarement d’un seul événement. Ils s’installent progressivement, souvent à partir d’un désaccord sur la stratégie de l’entreprise, la politique de distribution des dividendes, la rémunération du ou des dirigeants, ou encore le rythme de croissance souhaité. La coexistence entre associés fondateurs et investisseurs financiers est également une source fréquente de tension, leurs intérêts n’étant pas toujours alignés.

D’autres conflits ont une origine plus personnelle : mésentente entre associés qui sont aussi des proches (famille, anciens amis), sentiment d’un associé d’être exclu de la gestion, ou découverte de fautes commises par le dirigeant. Dans tous les cas, l’absence d’un cadre contractuel solide (statuts bien rédigés, pacte d’associés) aggrave considérablement la situation.

⚠️ Règle d’or : ne jamais laisser pourrir

Dans notre expérience, chaque mois d’inaction dans un conflit entre associés aggrave la situation. Les positions se durcissent, la confiance s’érode, les fautes s’accumulent. Un conflit traité à 3 mois coûte en moyenne 3 fois moins cher qu’un conflit traité à 18 mois. Consultez un avocat en droit des sociétés dès les premiers signes de tension.

Les principaux types de conflits en droit des sociétés

L’abus de majorité

L’abus de majorité est caractérisé lorsque des associés majoritaires prennent une décision contraire à l’intérêt général de la société, dans le seul but de favoriser leurs propres intérêts au détriment des minoritaires. L’exemple classique est la décision de ne jamais distribuer de dividendes pour priver un minoritaire de tout retour sur investissement, tout en se versant des rémunérations élevées. Cette décision peut être annulée en justice.

💡 Abus de majorité : les deux conditions cumulatives

Pour caractériser un abus de majorité, deux conditions doivent être réunies : (1) une décision contraire à l’intérêt social de la société, ET (2) prise dans le seul intérêt des majoritaires au détriment des minoritaires. L’une sans l’autre ne suffit pas. Un tribunal vérifie systématiquement ces deux éléments.

L’abus de minorité

À l’inverse, un associé minoritaire peut bloquer abusivement des décisions nécessaires à la survie ou au développement de la société — comme une augmentation de capital indispensable — uniquement pour nuire aux autres associés ou obtenir un avantage personnel. L’abus de minorité est moins connu mais tout aussi sanctionnable.

La mésentente grave et le blocage de la société

Lorsque la mésentente entre associés est telle qu’aucune décision ne peut plus être prise — assemblées bloquées, impasse sur la nomination d’un nouveau dirigeant, paralysie totale — un tribunal peut prononcer la dissolution judiciaire de la société pour mésentente grave. C’est une issue radicale, souvent préjudiciable à tous, qui intervient lorsque aucune autre solution n’a pu être trouvée.

⚠️ Dissolution judiciaire : l’issue à tout prix à éviter

La dissolution judiciaire pour mésentente grave est une catastrophe pour tous les associés : destruction de valeur, rupture des relations commerciales, coût procédural élevé et délais longs. Elle ne doit être envisagée qu’en dernier recours. Dans la majorité des cas, un avocat habile trouve une solution alternative avant d’en arriver là.

L’exclusion d’un associé

L’exclusion forcée d’un associé est en principe impossible sauf si les statuts ou le pacte prévoient expressément une clause d’exclusion avec les conditions précises qui la déclenchent. En l’absence d’une telle clause, l’exclusion d’un associé ne peut résulter que d’un accord entre toutes les parties ou d’une décision judiciaire dans des cas très limités.

Les voies de résolution d’un conflit entre associés

La négociation et la médiation

La première étape, souvent la plus efficace, est la négociation directe entre les parties, idéalement assistées de leurs avocats respectifs. Elle peut déboucher sur un accord de rachat de parts, une restructuration de la gouvernance ou un protocole de sortie amiable. En cas d’échec, la médiation — avec l’intervention d’un tiers neutre — permet parfois de débloquer des situations qui semblaient sans issue.

Notre approche View Avocats

Dans 70% des conflits entre associés que nous traitons, une solution amiable est trouvée sans aller au tribunal. Notre méthode : établir rapidement un état des droits de chacun, identifier les intérêts réels derrière les positions affichées, puis construire une sortie de crise acceptable pour toutes les parties. Le contentieux reste notre dernier recours, pas notre premier réflexe.

Les actions judiciaires

Si la voie amiable échoue, plusieurs actions judiciaires sont envisageables : demande d’annulation d’une décision abusive, désignation d’un administrateur provisoire pour gérer la société en attendant une solution, action en responsabilité contre le dirigeant ou les associés majoritaires, ou demande de dissolution judiciaire. Ces procédures sont longues et coûteuses — elles doivent rester un dernier recours.

Le rachat forcé ou la cession amiable

Dans de nombreux cas, le conflit se résout par le rachat des parts de l’associé sortant par les associés restants, ou par la vente de l’ensemble de la société à un tiers. La difficulté réside souvent dans la valorisation : les parties ont des intérêts opposés sur le prix. Le recours à un expert indépendant ou à une procédure judiciaire d’expertise peut s’avérer nécessaire.

L’importance de prévenir plutôt que de guérir

Le meilleur remède aux conflits entre associés reste la prévention. Un pacte d’associés bien rédigé, des statuts précis sur les règles de gouvernance et de sortie, une communication régulière entre associés et une gouvernance transparente sont les meilleures protections contre l’émergence de conflits. Un avocat en droit des sociétés peut vous aider à mettre en place ces garde-fous dès la création ou dès l’entrée d’un nouvel associé.

✅ Prévention : les 4 garde-fous essentiels

Un pacte d’associés avec clauses de sortie claires / Des statuts précis sur les majorités requises / Des assemblées régulières avec procès-verbaux conservés / Un mécanisme de valorisation convenu à l’avance. Ces quatre éléments réduisent de 80% le risque de conflit grave entre associés.

View Avocats : résolution des conflits entre associés à Lille

Le cabinet View Avocats accompagne les associés en conflit avec une approche pragmatique : recherche prioritaire d’une solution amiable, et si nécessaire, défense ferme des intérêts de notre client devant les juridictions compétentes. Nous intervenons pour des conflits de toute nature, dans des sociétés de toutes tailles.

Vous êtes confronté à un conflit entre associés ?

View Avocats intervient rapidement pour évaluer votre situation, sécuriser vos droits et chercher la sortie de crise la moins coûteuse. Premier échange confidentiel à Marcq-en-Barœul.

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