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Cession de parts sociales ou d’actions

📅 Publié le 19 février 2026 • ⏱️ Temps de lecture : 6 min

La cession de parts sociales ou d’actions est l’une des opérations les plus courantes dans la vie d’une société. Départ d’un associé, entrée d’un investisseur, transmission familiale ou restructuration : cette opération obéit à des règles précises dont le non-respect peut entraîner la nullité de la cession.

  • Parts sociales vs actions : pourquoi la distinction change tout
  • Procédure d’agrément, acte de cession et formalités
  • Fiscalité de la cession et dispositifs d’optimisation
  • Garanties à prévoir dans un protocole de cession
Un associé donne les clefs de son entreprise

Parts sociales vs actions : une distinction fondamentale

En droit des sociétés, on parle de parts sociales pour les SARL, SNC et sociétés civiles, et d’actions pour les SAS et SA. Cette distinction est importante car le régime de cession diffère significativement. Les parts sociales sont en principe moins librement cessibles que les actions : leur cession à un tiers est soumise à des règles d’agrément plus contraignantes, notamment dans les SARL où l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts est requis pour céder à un tiers.

Les actions de SAS, en revanche, sont librement cessibles entre associés et aux tiers, sauf clauses contraires prévues dans les statuts ou un pacte d’associés. Cette liberté est à double tranchant : elle facilite les opérations mais peut ouvrir la porte à des entrées au capital non souhaitées si les statuts ne sont pas correctement rédigés.

C’est la raison pour laquelle la forme juridique de l’entreprise doit être soigneusement réfléchie lors de la création d’une société.

💡 SARL vs SAS : des régimes de cession très différents

En SARL, la cession à un tiers extérieur nécessite l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts — procédure contraignante mais protectrice. En SAS, les actions sont librement cessibles par défaut sauf clause contraire dans les statuts. Vérifiez toujours le régime applicable à votre société avant d’engager une cession.

Les étapes d’une cession de parts sociales en SARL

La procédure d’agrément

En SARL, toute cession à un tiers doit être approuvée par les associés. Le cédant notifie son projet de cession à la société et à chacun des associés. Les associés disposent alors d’un délai de trois mois pour statuer. En cas de refus d’agrément, ils sont tenus de racheter les parts eux-mêmes ou de trouver un acquéreur agréé, ou encore de procéder à une réduction de capital pour racheter les parts. Ce mécanisme protège les associés en place mais impose des contraintes importantes.

La rédaction de l’acte de cession

La cession doit être constatée par écrit. L’acte de cession mentionne l’identité des parties, le nombre de parts cédées, le prix et les modalités de paiement. Il peut aussi contenir une garantie de passif ou une clause de garantie d’actif et de passif lorsque la cession porte sur une participation significative. L’acte doit être enregistré auprès des services fiscaux dans le mois suivant sa signature, avec paiement des droits d’enregistrement.

⚠️ Délai d’enregistrement fiscal : 1 mois

L’acte de cession de parts sociales doit être enregistré auprès des impôts dans le mois suivant la signature. En cas de retard, des pénalités s’appliquent. Les droits d’enregistrement sont de 3% du prix de cession (après abattement de 23 000 € divisé par le nombre de parts). Ne négligez pas cette formalité.

Les formalités postérieures

Après la signature, il faut mettre à jour le registre des mouvements de titres et les statuts si nécessaire, déposer un exemplaire de l’acte au greffe du tribunal de commerce et procéder aux éventuelles publications requises. Ces formalités conditionnent l’opposabilité de la cession aux tiers.

La fiscalité de la cession : un enjeu majeur

La cession de parts sociales ou d’actions génère généralement une plus-value de cession imposable entre les mains du cédant. Pour les personnes physiques, cette plus-value est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif de l’IR. Des abattements pour durée de détention peuvent s’appliquer dans certains cas.

Des dispositifs d’exonération ou de report d’imposition existent pour certaines situations : départ à la retraite du dirigeant, réinvestissement du produit de cession, apport-cession… L’anticipation fiscale est un élément déterminant dans la structuration d’une opération de cession. Un conseil juridique et fiscal en amont peut générer des économies substantielles.

💰 Départ à la retraite : une exonération à ne pas rater

Le dirigeant qui cède ses parts à l’occasion de son départ à la retraite peut bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession, sous conditions (durée de détention, cessation de fonctions, etc.). Cette exonération doit être anticipée — elle n’est pas automatique et se prépare.

Les garanties à prévoir dans un protocole de cession

Lorsque la cession porte sur une participation majoritaire ou la totalité du capital, les parties négocient généralement un protocole de cession détaillé, accompagné d’une garantie d’actif et de passif (GAP). Cette garantie permet à l’acquéreur d’être indemnisé si des passifs antérieurs à la cession, non connus au moment de la vente, se révèlent après la transmission. Sa durée, son plafond, ses franchises et ses mécanismes de mise en œuvre sont des points de négociation essentiels.

⚠️ Garantie d’actif et de passif : ne la négligez pas côté acheteur

Une GAP mal rédigée — plafond trop bas, délai trop court, exclusions trop larges — peut laisser l’acquéreur sans recours face à des passifs cachés découverts après la cession (dettes fiscales, litiges prud’homaux, amendes…). Ce document est au moins aussi important que l’acte de cession lui-même.

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